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Des pistes pour investir dans les sages-femmes et sauver plus de 4 millions de vie chaque année

Les sages-femmes sont de plus en plus appelées à fournir des soins aux femmes et aux nouveau-nés et sont parmi les principaux acteurs qui font face à la mortalité maternelle et néonatale, en particulier dans les zones rurales.

 Nous dit Oumaima, sage-femme à Roumani.

La journée internationale des sages-femmes est célébrée cette année sous le thème : les chiffres parlent d’eux-mêmes : investissez dans les sages-femmes. En effet, des investissements accrus dans les sages-femmes pourraient sauver jusqu’à 4,3 millions de vies chaque année en évitant 67% des décès maternels, 64% des décès néonatals, et 65% des mortinaissances.

Les sages-femmes jouent aussi un rôle crucial particulièrement pendant la pandémie du COVID-19, lors de laquelle les perturbations dans les services de santé risquent d’accroitre les dangers sanitaires accrus pour les mères, les nouveau-nés et les adolescentes.

 Je suis très fière de faire partie des professionnels de la santé qui se sont engagés en première ligne face à la pandémie du COVID-19, afin de garantir la sécurité des mères et des bébés. Au cours de la consultation prénatale, notre devoir consiste à fournir aux femmes des instructions afin de se protéger dans cette période difficile.

Nous dit Chaimae , sage-femme à Oulmès.

Ce n’est pas simplement une question de vie ou de mort. Les sages-femmes peuvent également améliorer la santé. Les sages-femmes pourraient fournir jusqu’à 90% des soins indispensables tout au long de la vie en matière de santé sexuelle, reproductive, maternelle, néonatale et en adolescence.

Le rôle des sages-femmes ne se limite pas à sensibiliser et conseiller en matière de santé sexuelle et reproductive, mais consiste aussi à la mise en confiance, soutien et orientation des femmes et filles survivantes à la violence.

Nous dit Faiza, sage-femme chef des urgences gynéco-obstétrique de la Maternité à Marrakech.

Considérant sa large gamme d’interventions, renforcer et valoriser la profession de la sage-femme est fondamental pour la réalisation des Objectifs du Développement Durable et des objectifs transformateurs réaffirmés lors du Sommet de Nairobi sur la CIPD25, visant à réduire à Zéro les décès maternels évitables ainsi que les besoins non-satisfaits en matière de planification familiale et la violence basée sur le genre.

Toutefois, le monde est confronté à une pénurie mondiale de 900.000 sages-femmes. Les sages-femmes actuelles font face à des obstacles de poids qui les empêchent d’atteindre leur plein potentiel.

Investir dans les sages-femmes signifie, non seulement, investir pour augmenter leur nombre, mais également dans leur formation initiale, leur formation continue, la réglementation, et leur environnement de travail.

Je suis rassurée par le progrès qui change progressivement les salaires bas, le faible statut et le manque de reconnaissance dont souffrent les sages-femmes marocaines.

Ajoute Oumaima.       

Par rapport à la gestion de la crise du COVID-19, Chaimae nous a aussi confié « Travaillant dans une zone rurale, les équipements de protection que nous avons reçus nous ont permis d’exercer notre profession en toute sécurité. »

UNFPA, Fonds des Nations Unies pour la Population, l’Association Nationale des Sages-Femmes au Maroc (ANSFM) et l’Association Marocaine des Sages-Femmes (AMSF) conduisent un travail commun pour renforcer la profession de sage-femme au service des femmes et des nouveau-nés.

Cette année, les partenaires agissent ensemble et en étroite collaboration avec le Ministère de la Santé pour renforcer et valoriser les compétences des sages-femmes marocaines pour un service de santé reproductive répondant aux normes de qualité et garantissant le plein respect des droits.

Faiza, qui a participé à plusieurs formations conduites avec l’appui de UNFPA estime que « c'est intéressant et enrichissant de joindre la pratique aux formations » et appelle à « continuer à renforcer la profession par la formation continue et le renforcement des capacités des sages-femmes », leur permettant de fournir des services de santé reproductive de qualité à différents niveaux d'intervention.

La collaboration est aussi axée sur le plaidoyer pour la création de l’ordre national des sages-femmes et l’adoption des arrêtés législatifs régissant la profession, la promotion de la profession sage-femme à travers une feuille de route claire des prestations et des attributions et la mobilisation des partenaires pour plus d’investissements dans la profession de sage-femme.